En ce début août, j’ai pas mal avancé dans mes lectures de la sélection du prix NRP de littérature jeunesse. Le moment est donc venu pour faire un deuxième bilan et vous parler des derniers ouvrages que j’ai lus. Je vous présente ici 5 romans, quelques déceptions mais aussi de vrais coups de coeur. 

Le premier bilan lecture de ce prix NRP de littérature jeunesse est à retrouver dans cet article.

  • Les animaux de l’arche de Kochka et Sandrine Kao (publié aux éditions Grasset jeunesse)

Première impression en ouvrant ce livre illustré : c’est un magnifique travail d’édition. Couverture cartonnée très épaisse, mise en page soignée et de très belles illustrations, colorées et délicates, qui sont le vrai point fort de ce livre. Il s’agit d’une réécriture du récit biblique de l’arche de Noé. Dans cette version moderne, les bombes et la guerre ont remplacé le déluge, le vaisseau devient un abri souterrain. Pour contrer la peur et oublier la folie des hommes, les habitants, réfugiés sous terre, imaginent et recréent la grande arche de Noé peuplée d’animaux en découpes de papier. Ce monde imaginaire s’anime et prend vie au fil des pages. Il redonne vie et espoir aux personnages jusqu’à transformer le souterrain en véritable havre de paix.

J’ai bien aimé cette histoire très poétique qui se lit comme une fable. On y parle des pouvoirs de l’imagination et de la création, seuls remparts contre l’horreur. Certains passages sont un peu enfantins et très consensuels, mais dans l’ensemble c’est une jolie lecture.

  • De feu et de neige d’Anne-Marie Pol (publié aux éditions Nathan) 

A première vue, ce roman me faisait de l’oeil, j’avais tout de suite trouvé la couverture très jolie avec ses couleurs rouge et or et le résumé m’avait plutôt donné envie. L’intrigue se déroule à Moscou en 1812. On y suit une jeune française, Félicité d’Autin, qui vit avec sa mère sous la protection d’une riche comtesse russe et qui est follement amoureuse de Fédor, le fils de la maison. Son quotidien bascule au moment où Napoléon envahit la Russie. Alors que la famille fuit et que Fédor s’engage dans la guerre, Félicité et sa mère restent piégées dans la ville et doivent lutter pour survivre.

Le roman alterne extraits de journal intime (celui de Félicité) et passages de récits ajoutés par la narratrice pour combler les morceaux perdus du journal.

La première partie du roman m’a déçue : j’ai trouvé les personnages stéréotypés et peu attachants et certains passages un peu longs. Le récit devient bien plus intéressant à partir de la 2e partie, au moment où la guerre et l’Histoire entrent en trombe et bouleversent le quotidien des personnages. Au fil des pages et des fuites, on découvre alors une galerie de personnages hauts en couleurs, farfelus et atypiques (un danseur, une cantatrice, des comédiens…). L’écriture est soignée, parsemée d’expressions précieuses. La fin est rapide et manque de crédibilité, ce qui laisse une impression en demi-teinte en refermant le livre.

  • P’tit gros de Benoit Grelaud (publié aux éditions Fleurus) 

Il s’agit là d’épreuves non corrigées. Le récit s’ouvre sur l’histoire d’Alex, un adolescent de 13 ans, mal dans sa peau. En raison de son poids, il est le souffre-douleur d’une bande d’élèves de son collège et subit quotidiennement violences et humiliations. Sans amis, n’ayant que sa mère et son frère aîné auprès de lui, il se réfugie dans les livres et dans la rédaction de son journal intime dont on lit certaines pages. Entre tentatives de suicide et drames familiaux, c’est le mal-être d’un adolescent que brosse l’auteur. Le récit alterne avec des chapitres qui se passent plusieurs années après, aux Jeux Olympiques de Londres et qui retracent les préparatifs d’un boxeur qui s’apprête à combattre pour le titre suprême.

On comprend très vite que l’ado mal dans sa peau et le boxeur adulé sont une seule et même personne : tout le récit tend alors à nous faire comprendre comment l’évolution, la transformation du personnage a-t-elle pu avoir lieu? 

Les personnages sont plutôt attachants, en particulier Alex que tout le monde rejette et auquel bon nombre d’adolescents peuvent s’identifier. L’écriture est simple (trop simple), très adaptée à un public d’adolescents. J’ai été souvent gênée par de nombreux passages du roman (des explications très techniques sur la boxe ; des parenthèses sur des films, des livres, des lieux…) qui cassent le rythme de la narration. On se demande ce que ces passages viennent faire là tout à coup, ça ressemble un peu à des minis-exposés scolaires en plein milieu du récit. 

Bref, une lecture plutôt divertissante mais trop simpliste à mon goût.

  • Le collège des éplucheurs de citrouilles de Laure Deslandes (publié aux éditions L’école des loisirs) 

Forcément le titre m’a intrigué! Et c’est l’histoire la plus loufoque que j’ai eu à lire jusqu’à présent dans cette sélection. On y suit le quotidien pas du tout ordinaire d’un collège internat de milieu rural. Dans cet établissement scolaire, les élèves apprennent l’estonien en LV1, mangent vegan à la cantine, grimpent dans les arbres en EPS avec un ancien membre du GIGN, font des sorties scolaires près d’une centrale nucléaire désaffectée. Les sanctions consistent à éplucher des courges ou à enregistrer la lecture à voix haute des premiers chapitres d’A la recherche du temps perdu ; au lieu d’investir dans des ordinateurs, les professeurs préfèrent acheter une collection de marionnettes tchèques artisanales. C’est dans le cadre de ce collège fou fou fou, où les adultes sont aussi fantasques que les ados, que se côtoient des jeunes que tout oppose, qui vont apprendre à se connaître, à évoluer et à grandir au contact des uns et des autres. 

J’ai beaucoup aimé le côté complètement farfelu des personnages et des situations. C’est un roman drôle, plein de tendresse, d’humanité et de fraîcheur. En parallèle, on suit aussi une intrigue autour d’un des internes, Elliot, et d’un objet précieux qu’il dissimule : j’ai moins aimé cette partie du récit, que j’ai trouvé moins crédible et qui a l’inconvénient selon moi de faire entrer une part de réalité et donc de banalité dans ce collège hors du temps.

Bref, c’est vraiment à regret que j’ai tourné la dernière page et quitté les élèves du collège des Museaux. Un immense coup de coeur! 

  • Piégés dans le train de l’enfer de Hubert Ben Kemou (publié aux éditions Flammarion jeunesse) 

Changement radical avec ce court roman d’action et de suspense dont l’intrigue se passe à bord d’un train Corail Paris-Toulouse. Teddy, un adolescent, prend place à bord d’un wagon muni d’un bagage cadenassé qu’il doit transporter jusqu’à Bordeaux, un des arrêts du train. On comprend très vite que ce qu’il transporte dans ce sac n’a rien de légal, Teddy est chargé par une bande de caïds de faire circuler des marchandises illégales d’un endroit à un autre. Ce n’est pas la première fois qu’il fait ça, il a l’habitude, mais cette fois-ci rien ne va se passer comme prévu. Le trajet qui devait initialement durer 3 heures se transforme rapidement en cauchemar.

En commençant ce livre, je m’attendais à une histoire haletante, pleine de suspense et de rebondissements. Et les premières pages du livre ont plutôt confirmé mes attentes. Les pages se tournent très facilement, on est vite happé par l’intrigue. Chaque chapitre est centré sur un des personnages présent dans le wagon car tous vont avoir leur rôle à jouer à un moment ou à un autre. L’histoire est donc racontée selon différents points de vue et c’est assez intéressant. J’ai bien aimé aussi le fait que chaque chapitre soit découpé selon un minutage très précis qui égrène à la façon d’un sablier les heures, les minutes de ce voyage en train. La temporalité est dont très importante et rythme bien le récit. Dans les marges du livre, on trouve d’ailleurs des petits logos horloges qui indiquent les heures. J’ai trouvé ça plutôt sympa, ça rajoute quelque chose à la tension et à l’urgence de l’intrigue et ça permet une plus grande immersion.

Mais si ça avait bien commencé, la lecture s’est avérée de plus en plus ennuyeuse au fur et à mesure de ma progression. Au final, j’ai refermé le livre avec déception : de nombreux personnages ou situations m’ont semblé très peu crédibles et je n’ai pas réussi à trembler avec les passagers de ce train. Sans parler de l’épilogue que j’ai trouvé vraiment risible et simpliste.

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Voilà pour ce deuxième bilan! Je n’ai pas encore établi de vrai classement, mais quelques vrais coups de coeur se dégagent déjà. Il me reste encore 5 livres à lire, et ce sera l’occasion de faire un troisième et dernier bilan lectures ici. 

Belles lectures! 

4 Comments

    • Oui un sacré rythme comme tu dis! Mais c’est vraiment chouette de découvrir tous ces livres. Plus dur quand je tombe sur un livre qui ne me plait pas du tout, je m’oblige quand même à le lire jusqu’au bout, mais c’est long parfois…

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